Le cinéma chinois et l’actualité
Visite du Musée Cernuschi à partir des Han jusqu'aux Qing
On se promène avec bonheur dans les étages du musée Cernuschi qui présente un choix certes plus succinct que celui du musée Guimet mais ô combien plus précieux de statues bouddhiques de l'ère Edo ou de la Chine des Tang, très dévots envers Guanyin, déesse de la miséricorde en chine et bodhisattva.
Sans avoir le vertige de Guimet, on poursuit visage après visage une longue méditation sur la sérénité et la paix des bodhisattva de la miséricorde tous d'un calme qui finit par se refléter sur notre propre visage. Les ennuis filent et l'on respire sur une voie plus droite et plus lumineuse, le dao bouddhiste qui se place dans un juste milieu.
Puis la Chine des Qing nous absorbe dans ses jolies bagatelles comme cette magnifique boîte à confiseries de toutes les couleurs et cette maîtrise des savoirs du ver qui donne à la vaisselle impériale son charme et sa finesse minimaliste comme celles des Zhou, dynastie primitive.
Viennent enfin les porcelaines peintes par Zao Wou Ki, un immense peintre chinois qui produisit beaucoup en France, ce qui nous honore, avec des oeuvres de porcelaines qui ont l'air anciennes, mais dont la façon de peindre est toute nouvelle!
Sur ces belles envolées on sort dans la rue Velasquez et l'on retourne chez soi intérieurement plus léger.
Les Tang une dynastie cosmopolite
Le visiteur d'une exposition comme celle qu'organise le Musée Guimet est d'abord attiré par l'aspect didactique de l'exposition. Les cartels sont nombreux et d'une grande qualité, très structurés et synthétiques.
Mais d'emblée on est plongé dans l'atmosphère des échanges commerciaux et religieux, artistiques même propre aux Tang : ici un chameau en terre cuite vernie, là une reproduction du fameux édit qui assure, aux portes de la Chine et au Tibet, la protection des Nestoriens par l'empire. Des sutras de Dunhuang, une grande peinture sur tissu taoïste viennent compléter l'ensemble.
Après cette entrée en matière qui fait du taoïsme religion d'Etat, et le place dans les examens impériaux au même rang que le confucianisme, place aux arts et aux récréations de l'esprit ! Les Tang sont une dynastie où le théâtre et la musique fleurissent, à l'ombre des Lettrés dont c'est l'apogée et qui possèdent une salle à part : la qin, instrument en forme de cithare est exposée en compagnie des sutras ou des copies calligraphiées des plus grands maîtres.
Enfin, on aperçoit tout au long de la visite que la place des femmes semble y être enviable : elles chevauchent, s'habillent en homme, jouent au polo comme l'atteste un ensemble de terres cuites...
Bref ; rien ne manque pour laisser imaginer une dynastie dynamique sur les routes de la soie, remplie de talents littéraires et plastiques, en témoigne le raffinement des plats et des coupes, et interreligieuse, recevant le bouddhisme et le christianisme avec ouverture, malgré leur provenance étrangère.
On ressort ravi et pénétré d'admiration pour tous ces éclats et ces splendeurs qui font des Tang l'apogée de la richesse chinoise qui ne cessera ensuite d'être imitée et regrettée.
The Double
The Double est une série qui mobilise deux acteurs de grande qualités, au faîte de leur carrière : Wu Jin Yan et le remarquable Wang Xing Yue. C’est une histoire de revanche flamboyante : la jeune épouse de Shen Yu Rong, Xue Fang Fei est accusée d'adultère au cœur d’un co;plot ourdi par sa belle-famille avant d'être enterrée vivante en pleine forêt par son mari qui veut pouvoir se remarier avec la cruelle princesse impériale Wan Ning, par amour du pouvoir et elle par amour pour la manipulation et la revanche d’un mariage malheureux dans un royaume du nord.
Elle survit car elle est emportée par les flots non loin d’un monastère où vit recluse de force depuis l’enfance Jiang Li, la fille du Grand Chancelier par sa belle-mère qui réussit à la rendre coupable d’une prétendue fausse-couche pour avoir raison et évincer sa belle-fille légitime. Après avoir sauvé Fang Fei, la jeune nonne Jiang Li meurt battue par les nonnes du couvent qui avaient été sommée de la maltraiter par sa famille.
Xue Fang Fei décide alors de prendre l'identité de Jiang Li pour la venger et aussi se venger de son mari et de la princesse. Elle venge ainsi Jiang Li en revenant dans sa famille en se faisant passer pour la jeune nonne pourtant morte, et récupère peu à peu les honneurs qui lui étaient dûs tout en laissant son mari qui l’avait enterrée vivante face au regret et à la perplexité devant la ressemblance parfaite de la prétendue Jiang Li avec son épouse déclarée défunte.
Le flamboyant duc de Su qui est chef des services secrets impériaux devine la trame du projet de Wu Jin Yan, et tente de la soustraire à son mari et aux vicissitudes qui parsèment son chemin.
Cette série interroge sur les aspects sombres de l’humanité : comment un mari aimant peut-il tuer sa fidèle épouse après l’avoir exposée à la honte publique ? Comment une famille peut-elle laisser une enfant orpheline de mère dans un monastère sans s’inquiéter de son existence durant onze ans ?
Une femme a-t-elle fini de vivre lorsqu’elle n’est plus aimée par ses proches ? L’espoir d’une vie meilleure est-il permis ? Le destin existe-t-il et avec lui la fatalité ?
Comment la pire maltraitante peut-elle se parer des oripeaux de la vertu la plus acharnée ?
Bref, une série haute en couleurs et très attachante notamment à travers le duc de Su, incarné par un acteur d’un charisme et capable de transcender sa retenue en réserve séduisante.
Un petit voyage à Bologne, mille souvenirs
Après une ordination à Florence, je me suis rendue à Bologne, là où est née la grande sœur de La Sorbonne et la première université d’Europe ! J’y ai vu bien des merveilles (malgré le fait que j’étais presque pieds nus à cause de sandales rendant l’âme), et j’espère vous en faire profiter par un petit reportage photographique qui viendra en son temps !
Love is Sweet
Love is sweet est l’un de ces dramas que l’on regarderait plusieurs fois, tant la tendresse et la drôlerie le disputent à la mauvaise foi : les acteurs Luo Yunxi et Bai Lu, respectivement e;ent dans la série : Yuan Shuai et Jiang Jun, d’anciens camarades de classe se retrouvent dans le monde de l’entreprise, et ça démarre mal, puisque Shuai fera tout pour empêcher celle qu’il devait protéger au collège d’entrer dans l’entreprise dont il est le vice-président.
Elle y parvient malgré tout, malgré cette allergie à ses propres larmes (une maladie rare mais qui existe réellement d’après nos vérifications) qui fait que son camarade estime la protéger en lui interdisant d’entrer dans sa prestigieuse entreprise. Cet échec donnera lieu à de multiples tentatives comiques de déstabilisations de l’héroïne par celui qui au fond l’aime depuis dix ans sans avoir jamais osé rien avouer.
Le duo n’est pas seul : comme à la comédie française du Grand Siècle, on peut compter sur le cousin de Yuan Shuai et sur la meilleure amie de Jiang Jun avec le troisième couple qui fera basculer l’intrigue et la relation des héros : le N-1 de Yuan Shuai et sa femme, qui le forceront à quitter son propre appartement pour vivre opportunément chez…Jiang Jun.
Les meilleurs ennemis se retrouveront même rivaux lorsque Yuan Shuai devra changer d’entreprise, mais l’amour le plus passionné, parfois interrompu par des situations comiques inattendues, pousseront les deux héros au mariage et…à davantage encore : une nouvelle aventure ;)
The Princess Royal, une série virevoltante et son retour dans le passé pour mieux vivre le présent.
Le cinéma chinois est partie prenante de mon inspiration ; The Royal Princess (Du Hua Nian / 度华年) est une série qui vient de paraître et d’attirer l’attention du public, grâce à la perfection de son casting en trio :
Zhao Jin Mai, dans le rôle de Li Rong
Zhang Ling He dans le rôle de Pei Wen Xuan
Chen He Yi dans le rôle de Su Rong Qing
Ce trio amoureux est celui d’une princesse de sang royal, d’un haut fonctionnaire impérial d’origine non-noble, et d’un jeune noble qui convoite la princesse.
Les costumes sont spectaculaires, nous sommes sous les Song, avec des enjeux intérieurs et extérieurs : la pacification du Nord, la corruption des nobles et ministres, et la dialectique entre les familles nobles et leur hégémonie, et la méritocratie que la princesse royale, soeur aînée du prince héritier qui lutte pour rétablir la méritocratie et donc une élite acquise au pouvoir impérial. Des enjeux politiques, éthiques et amoureux que vous verrez remarquablement au sein de chacun des épisodes de cette série magistrale réalisée par Yik Chun Go et diffusée sur la plateforme Youku.

